Conférence de presse
CONFERENCE DE PRESSE DU 01/072010
Points abordés lors de la conférence de presse par Euskal Konfederazioa et Kontseilua :
Proposition de loi linguistique
Relations entre le mouvement associatif oeuvrant en faveur de la langue basque et l’Office Public de la Langue Basque
Proposition de loi linguistique
Octobre 2009 : Manifestation Deiadar, notamment pour réclamer le projet de loi linguistique promise par le Gouvernement. Malgré l’importance de la manifestation (5.000 personnes dans les rues de Bayonne), réponse invariable du Gouvernement depuis l’inscription des langues « régionales » dans la Constitution : plus besoin de loi puisque les langues « régionales » sont désormais inscrites dans « la loi des lois ».
Parallèlement, des députés toutes tendances travaillent sur une proposition de loi qui devrait être présentée à l’Assemblée en octobre prochain. Voici ce que nous espérons :
Que ces députés consulteront les membres de la Plateforme de défense des langues territoriales à laquelle appartient Euskal Konfederazioa (créée en 2008 et s’étant déjà entretenue plusieurs fois avec les députés en charge de la question des langues territoriales à Paris), car ce sont nous, acteurs sur le terrain, les plus à même de définir quels sont les besoins de nos langues (basque, catalan, corse, breton, occitan, alsacien...). Nous sommes prêts à apporter notre contribution à la proposition de loi ; Que cette proposition sera présentée conjointement par les différentes tendances politiques de l’Assemblée Nationale, en évitant tout intérêt « partidiste ».
Nous réaffirmons que le travail de contraste avec le mouvement associatif est indispensable.
Euskal Konfederazioa et Kontseilua réaffirment que toute politique linguistique menant à la pleine réappropriation et au plein développement d’une langue minorisée repose entre autres sur deux piliers : un statut d’officialité de la langue et un corpus juridique adéquat . L’adoption d’une loi linguistique serait la première pierre de ce second pilier.
Et même si le besoin d’une loi linguistique n’est plus à démontrer, voici deux événements concrets qui viennent confirmer la nécessité d’une telle loi :
Signalétique du rond-point Ametzondo
Le rond-point de Bayonne (quartier Ametzondo), à l’embranchement des deux autoroutes, à la sortie de Mousserolles, est en travaux depuis presque un an. Les panneaux de signalisation apposés à la place des anciens sont unilingues (en français) alors que les anciens panneaux étaient bilingues. Malgré nos multiples avertissements à l’OPLB, au Département et à la DDE, ceux-ci demeurent unilingues (le Département avait pourtant promis que les panneaux étaient provisoires et que les panneaux définitifs bilingues seraient installés en juin 2010 ; Nous sommes aujourd’hui le 1er juillet 2010...)
Epreuve du Brevet
Depuis 1994, les élèves qui le désirent peuvent passer les épreuves de mathématiques et d’Histoire-géographie du brevet en basque s’ils le désirent. Mais cette année, le Rectorat a fait savoir que si la langue basque était utilisée, les copies ne seraient pas corrigées. Le Rectorat a finalement fait machine arrière suite à la mobilisation des acteurs du monde de l’Enseignement. Le Rectorat a signifié que cette possibilité sera offerte aux élèves cette année encore. Qu’en sera-t-il l’année prochaine ?
Ces deux exemples, loin d’être anecdotiques, nous montrent clairement le besoin d’une loi linguistique :
En Iparralde, les panneaux bilingues ont commencé à fleurir sur le bord des routes en 1994, suite à un combat de longue haleine (5 ans) du mouvement associatif. Nous pensions que cette pratique était devenue systématique et totalement normale, que la bataille était gagnée.
De même, pour le brevet, les élèves pouvaient passer l’examen en basque tout naturellement depuis 15 ans. Cette possibilité a failli leur être enlevée.
Ces deux événements nous montrent que tant que ces choses simples qui se font/qui peuvent se faire le plus normalement possible ne sont pas établies par écrit par loi, décret..., elles peuvent disparaître du jour au lendemain, sans que personne n’aie de compte à rendre à qui que ce soit !
Tant qu’une loi ne sera pas adoptée, nous, militant(e)s de la langue basque, devront continuellement rester vigilants, sur nos gardes pour nous assurer que ces maigres acquis sont maintenus. Jusqu’à quand ? Vu la situation critique de l’euskara, nous avons autre chose à faire, chacun dans nos secteurs respectifs (enseignement, médias, matériel pédagogique, enseignement aux adultes, loisirs...).
Relations Euskalfintza/OPLB
L’OPLB est souvent cité en exemple aux quatre coins de l’Hexagone comme modèle de réussite dans le développement d’une politique linguistique efficace. Pourtant, beaucoup de choses totalement du ressort de l’OPLB ne fonctionnent pas. La relation mouvement associatif/OPLB par exemple. Nous ne pouvons pas jouer notre rôle de force de propositions, ou plutôt, quand nous le faisons, l’OPLB de tient pas compte de nos remarques.
En effet, lors du Comité Consultatif de l’OPLB de décembre dernier, l’OPLB nous a présenté le document précisant la feuille de route de la politique linguistique pour les années 2010-2016. Et si nous constations que certaines de nos revendications avaient été prises en compte (importance accordée à l’utilisation de la langue, système d’évaluation, objectifs chiffrés et quantifiables...) nous voyions également des carences. Nous avions alors demandé à ce qu’une phase de concertation soit mise en place, secteur par secteur, afin de pouvoir débattre et faire part de nos remarques à l’OPLB. Cette proposition de phase de concertation avait été validée le jour même et les réunions de travail devaient avoir lieu entre janvier et juin. Mais aucun groupe de travail ne s’est réuni depuis ce Comité Consultatif....
La semaine dernière un courrier a été adressé aux membres du Comité Consultatif : la réunion du Comité Consultatif qui devait avoir lieu mi-juillet est repoussée à la rentrée prochaine. La fameuse feuille de route sera débattue à cette occasion.
Questions que nous nous posons : à quoi sert le Comité Consultatif si les avis formulés en son sein ne sont pas pris en compte ? Le mouvement associatif doit-il continuer à y siéger ?
Nous reformulons notre requête : nous souhaitons qu’une longue phase de concertation soit mise en place par le biais de réunions sectorielles.
Nous tenons de nouveau à souligner que la réussite d’une politique linguistique réside en partie dans un travail de collaboration entre pouvoirs publics et mouvement associatif. Pour cela, il faut établir des procédures de travail puis les respecter.
Le travail en faveur de la langue basque mené par le mouvement associatif depuis des décennies n’est plus à démontrer. De même, les pouvoirs publics ont commencé un travail par le biais de l’OPLB. Un début de travail de collaboration OPLB/mouvement associatif a porté quelques fruits mais il reste encore beaucoup à faire. Maintenant, il revient à chacun de prendre ses responsabilités.

